lundi 23 avril 2018

La galerie des glaces de Valery Afanassiev. "Je ne suis pas Louis II de Bavière...".

Citations

"Ce n'est pas une autobiographie, ni une confession imprudente : je ne suis pas Louis II de Bavière et je ne me prends pas pour un fou qui se croit Louis II de Bavière. Ce n'est pas un roman historique non plus. Peu de faits "réels" ponctuent ce monologue de la folie. D'ailleurs, je n'ai vu de Neuschwanstein que les façades disneyennes. Flaubert aurait sans doute désapprouvé ce manque de curiosité "scientifique". Mais il aurait approuvé la durée de mon travail – treize ans. J'ai commencé ce roman en 1982. Deux versions parfaitement autonomes – française et anglaise – résultent de ce travail acharné et délicieux. La fragilité de notre identité, la facilité du meurtre, la peur de la mort, la peur de l'immortalité, l'inceste à la mode de Chateaubriand, Musil et Nabokov, le temps, l'éternel retour, la mémoire – voici les thèmes principaux de ce roman. Les sept romans que j'ai écrits depuis 1974 n'ont en fait qu'un seul sujet, un seul décor : la mythologie humaine."

 «Je trace une ligne sur le parquet et je note dans mon journal qu'il m'est défendu de m'approcher de cette ligne à moins de trois pas.» 

«Si une ligne ne suffisait pas, Louis traçait deux, trois, quatre, cinq, six et même sept lignes sur le parquet de sa chambre. Si sept lignes ne suffisaient pas, il s'enfermait dans un cercle. Les douves. Huit cercles de douves.» 



Valery Afanassiev 

Valeri Pavlovitch Afanassiev (en russe : Валерий Павлович Афанасьев) est un pianiste et un romancier russe né à Moscou le 8 septembre 1947. Outre ses activités musicales, Afanassiev est aussi l'auteur de neuf romans, écrits en français ou en anglais, de poésie, et de pièces de théâtre qu'il a lui-même interprétées. La galerie des glaces, publié chez José Corti en 1995,est son quatrième roman.

Résumé et commentaire

La fragilité de notre identité, la facilité du meurtre, la peur de la mort, la peur de l'immortalité, l'inceste à la mode de Chateaubriand et Nabokov, le temps, l'éternel retour, la mémoire, sont les thèmes principaux de ce quatrième roman de V. Afanassiev.

Avec ce quatrième roman, longuement mûri, Valery Afanassiev renoue avec la polyphonie de Disparition [...]. Nous avons franchi le pont et les fantômes viennent à notre rencontre, réfléchis à l’infini par des changements incessants de perspective qui font vaciller la réalité au point que, tel un détective, le lecteur devra tenter de démêler le vrai du faux – si l’un ou l’autre existent.

Afanassiev -Wagner - Elégie pour piano

dimanche 22 avril 2018

Le jeune roi Louis II à l'opéra, une lithographie de Jacques Lechantre


Lithographie de Jacques Lechantre (1907-1977) créée pour illustrer la réédition de 1947 du roman Le Roi sans reine de Léo Larguier (1878-1950) , premier volume de la collection Le fauteuil rouge des éditions R. Simon à Paris. Ce volume a été tiré à 2500 exemplaires.

How a pair of goloshes made Bayreuth the Wagner town (Chicago Daily Tribune, 1901.09.01 )




    " There is an interesting and little known story in connection with how Bayreuth became the Wagner town. It was on Dec. 14. 1871, that Wagner first visited Bayreuth with a special introduction from king Ludwig II. to Feustel, a wealthy banker of Bayreuth. He was heartily received by a deputation, special apartments were prepared for him at the Hotel Sonne—the room which Adelina Patti is occupying this year—and the same day an inspection was made of the immense opera-house. Although this Is a veritable palace of a theater, built in 1748  by Giuseppe Gali Bibiena. It was found entirely unsuitable by Wagner. 
     A site for building a theater n accordance with Wagner's ideas was chosen—a hill called the Stuckberg—and the owner, a Mr. Rose, consented at once to the proposals made for erecting a new playhouse on his ground, and every one was highly pleased. It seems, however, that they had reckoned without their host, who appeared in the shape of a brother-in-law who was coproprietor, and who distinctly declined to sanction the arrangement. Thinking that everything was settled, Wagner returned to his home In Switzerland, where, a week or so later, Feustel and the Burgomaster of Bayreuth, Herr Muncker, followed him and informed him of the unexpected development. Wagner, being much upset, declined to have anything further to do with Bayreuth, and the Burgomaster and Feustel went away. 
      On the way back, however, one of the latter's goloshes (1) came off, and he discovered that he was wearing a pair which did not belong to him. The two friends thereupon returned to the house. and found that, in the confusion of leaving, one of them had taken Wagner's rubber overshoes in mistake for his own. They were received by Wagner's wife, Cosima, who was greatly amused at the occurrence, and told them that her husband had wished to walk off his irritation, and had, before starting out,  called for his goloshes, but was told by his patriotic handmaiden that " those two nasty Germans had sneaked the shoes." 
     The amusing side of the incident brought back their courage, and they tackled Cosima Wagner, who agreed with them that a mere change of site for the new playhouse should not stand in the way. She promised to use her influence and she kept her word. Shortly afterwards news was received that Wagner would consent to the new site proposed—viz.: the Bürrgerruth, the property of the town, and this is where the theater now stands. Thus a pair of goloshes saved Bayreuth. "

From Chicago Daily Tribune, 1901.09.01, p. 11.

(1) GOLOSH, or Galosh (from the Fr. galoche, Low Lat. calopedes, a wooden shoe or clog; an adaptation of the Gr. καλοπόδιον, a diminutive formed of κᾶλον, wood, ποῦς, foot), originally a wooden shoe or patten, or merely a wooden sole fastened to the foot by a strap or cord. In the middle ages "galosh" was a general term for a boot or shoe, particularly one with a wooden sole. In modern usage, it is an outer shoe worn in bad weather to protect the inner one, and keep the feet dry. Goloshes are now almost universally made of rubber, and in the United States they are known as "rubbers" simply, the word golosh being rarely if ever used. In the bootmakers' trade, a "golosh" is the piece of leather, of a make stronger than, or different from that of the "uppers," which runs around the bottom part of a boot or shoe, just above the sole. (From Encyclopædia Britannica, 1911).

Some additional pics
Friedrich von Feustel (1824-1891)
  From Wikipedia.
Theodor von Muncker (1823-1900)
From Google Maps

samedi 21 avril 2018

La Sächsische Staatskapelle Dresden et Christian Thielemann renvoient leurs Echo-Klassik

Sächsische Staatskapelle Dresden et Christian Thielemann
(Crédit photo MatthiasCreutziger)

La remise des prix musicaux Echo, basés sur les chiffres des ventes de disques, est un événement extrêmement suivi en Allemagne. Elle a eu lieu le 12 avril dernier pour toutes les catégories de la chanson et de la musique modernes. Le 18 octobre aura lieu la soirée de remise des Echo-Klassik.

Mais voilà, depuis la remise de prix de la semaine dernière, un énorme scandale agite l'Allemagne: le jeudi 12 avril, le prix musical Echo du meilleur artiste hip-hop a été attribué aux rappeurs Kollegah et Farid Bang, figures de la scène rap allemande, récompensés pour les ventes de leur  album Jung, brutal, gutaussehend sorti en juin 2009 et qui a été depuis vendu à plus de 200.000 exemplaires. 

Le 12 avril  est aussi le Jour de la commémoration de la Shoah, une journée où l'on rend hommage aux six millions de victimes juives du nazisme. Et, dans leur chanson "0815", les rappeurs se comparent aux Juifs prisonniers du camp d'extermination d'Ausschwitz.

Suite au scandale, de nombreux artistes primés cette année ou dans les années précédentes ont renvoyé les trophées Echo qu'ils avaient remporté. Ainsi de Marius Müller-Westernhagen et de  Klaus Voormann, du pianiste Igor Levit, des chefs Enoch zu Gutenberg, et Andreas Reiner ou du Natos Quartett.

C'est aujourd'hui au tour de la  Sächsische Staatskapelle Dresden, prix Echo-Klassik de l'orchestre de l'année en 2009,  et de son directeur musical Christian Thielemann, prix Echo-Klassik 2004, de renvoyer leurs Echo Klassik. Voici ce le communiqué des musiciens, auquel s'est joint leur chef:  "Ein Preis, der Verkaufszahlen über alles stellt und am Holocaust-Gedenktag einem Live-Auftritt stattgibt, der einer Verhöhnung von Opfern des Dritten Reiches gleichkommt, wird zu einem Symbol eines Zynismus, für den wir nicht stehen." , ce qui donne en traduction libre: "Un prix qui met les ventes au-dessus de tout et  jour même du Souvenir de la Shoah diffuse en direct une émission  qui se moque des victimes du Troisième Reich, un tel prix  devient un symbole de cynisme auquel nous ne pouvons souscrire". 

Coupure de presse: Siegfried Wagner is coming to the United States!



Le 28 octobre 1903, The Spokane press (Spokane, Wash.), annonçait en page 3 la tournée de Siegfried Wagner aux Etats-Unis prévue pour l'année suivante.

Jour de printemps estival autour de Mittenwald















Coupure de presse: une séance de signature de Siegfried Wagner à Bayreuth en 1928

Séance de signature de Siegfried Wagner à Bayreuth en 1928: 
Siegfried signe les disques du festival  gravés par Columbia.



Source: Evening Star, Washington DC, 15 mars 1928.